15 juillet 2008
VIRTUOSITE MEDIATIQUE AUTANT QUE PIANISTIQUE
A la lecture de cette chronique d'un grand quotidien national, que je n'hésite pas à reproduire ci- après, je me pose la question : Liszt en aurait-il fait autant s'il avait vécu aujourd'hui ?
A 26 ans, Lang Lang ambitionne de devenir « l'un des plus grands musiciens du monde » .
Pour attirer les jeunes, le pianiste chinois adopte la stratégie des stars du rock. Film à Hollywood, site Internet, commentateur sportif aux JO et contrats de sponsoring...
Quand Lang Lang, la nouvelle star mondiale de la musique classique, débarque de New York avec ses Adidas aux pieds, son stylo Montblanc accroché bien en évidence sur sa veste et sa montre Montblanc au poignet, on ne peut pas s'empêcher de sourire. « Vous êtes toujours habillé de pied en cape par vos sponsors ? » s'étonne-t-on en enregistrant au passage sa coiffure en pétard digne du chanteur rock de Tokio Hotel.
On a beau avoir été prévenue, ce n'est pas l'image qu'on attend d'un pianiste virtuose. « Regardez, j'ai aussi un téléphone Sony Ericsson et Audi me fournit une voiture pour mes déplacements » , ajoute-t-il.
D'emblée, on comprend pourquoi cet artiste aux grands yeux noirs énerve les puristes. Il a 26 ans. Il est chinois. Dans l'univers feutré de la musique classique, aucun artiste de sa renommée n'a autant misé sur le marketing. À New York, le visage de Natalie Dessay est sur certains gratte-ciel mais cela s'arrête là. Même le violoniste britannique Nigel Kennedy, star de la fin des années 1980, n'a jamais osé aller aussi loin que Lang Lang. Entré dans le livre Guiness des records en vendant des millions de disques, ce trublion s'était rendu célèbre en jouant Les Quatre Saisons de Vivaldi en arpentant la scène au lieu de rester immobile. Et comme Lang Lang vingt ans plus tard, il arborait une coupe de cheveux un rien déjantée. « Je ne suis pas un homme d'affaires », se défend Lang Lang qui vient de créer son site Internet où l'on peut gagner des cadeaux et recevoir des informations « confidentielles ». « Bien sûr, je veux gagner de l'argent et les sponsors me rapportent plus que mes concerts et mes CD. Je ne vois pas pourquoi les “cool guys” comme les rock stars, les acteurs et les sportifs se réserveraient les contrats publicitaires. Les musiciens classiques travaillent aussi très dur. Mais l'argent et le “fun” sont secondaires. Mon principal souci est d'attirer les jeunes vers la musique classique. Aujourd'hui, le public a 60-70 ans. Les nouvelles générations fuient les conservatoires. Si cela continue, à 40 ans, je jouerai devant un parterre vide, s'enflamme-t-il. Mon ambition est d'être l'un des plus grands musiciens du monde et d'offrir ma musique au plus grand nombre. »
Loyal envers son pays
Du coup, son planning estival se partage entre concerts et rendez-vous marketing. Ces jours-ci, Lang Lang est en promotion pour la sortie mondiale de son autobiographie Le Piano absolu et d'un DVD documentaire sur sa vie actuelle. Alléché par ce récit d'enfant star, Hollywood veut en faire un film. « Le problème est de savoir qui jouera mon rôle, s'amuse l'intéressé. Il faut trouver un acteur plus sérieux que les stars du kung-fu. Jackie Chan pourrait à la rigueur jouer le rôle de mon père. »
En août, Lang Lang, toujours très loyal envers son pays natal, rendra un grand service au régime de Pékin. Aux Jeux olympiques, il sera la star de la cérémonie d'ouverture, le 8 août, puis le commentateur sportif de trois télévisions occidentales jusqu'à la fin des compétitions le 24. Depuis, le monde de la musique classique jase et rêve de savoir si Lang Lang fera son entrée sur le stade avec ses Adidas noires à étoiles dorées. Ce qui ferait évidemment son petit effet. Mais impossible d'en savoir plus. Depuis qu'il a abordé le thème des JO avec la presse américaine, Lang Lang a dû se faire taper sur les doigts car il évite soigneusement le sujet tout comme les questions sur le Tibet et les droits de l'homme. « Le Comité olympique m'a interdit de répondre pour que cela reste une surprise mais regardez à la télé, ce sera “fun” », promet-il. Après les JO, ce globe-trotteur songe à rendre son passeport chinois, trop compliqué pour les visas, pour prendre la nationalité américaine. « J'ai vécu la moitié de ma vie aux États-Unis. Et c'est à New York que je compte fonder une famille. »
Si vous voulez mieux savoir comment l'Asie -ça frise le marketink politique- encourage aujourd'hui ses pianistes à se prêter avec bonheur aux bienfaits de la médiatisation, achetez donc le livre co-écrit pat Lang Lang et David Ritz ( éditions J C Lattès ) : " Le piano absolu, l'éducation d'un prodige ".
Dernières nouvelles, car l'actualité donnée par la presse, confirme mon opinion, puisque dans le dernier numéro du Nouvel Obserevateur, Jacques Drillon nous confirme que le voilà désormais inscrit à L'Institut National de la Proprièté Industrielle ! Lisez plutôt ! Lang_Lang_en_baisse Et quand je parle de marketing, est-ce que je me trompe ? C'est bien destiné à protéger son marketing, l'I.N.P.I. que je sâche ! Mais surtout, quand ce pitre là a-t'il donc été " en hausse " ???
06 juin 2008
MUZA RUBACKYTE : UNE PIANISTE TROP RARE
Elle revient, là voilà !
Annoncée dans la région qui plus est : à Sampan, dans le cadre du Festival Piano-Pic, le samedi 19 juillet, à 21h…
Sa dernière apparition - vertigineuse ! - date de l'an dernier, à l'occasion d'un concert qu'elle donna à l'Obersvatoire du Pic du Midi, le 23 juillet...
Cette fois, j'ai bien envie d'aller l'écouter, surtout en re-lisant les rares compte rendus des concerts que jai pu glaner à son sujet.
Jacques ! Tu y viens ? Rappelle toi, c'est toi qui me l'as faite découvrir, et la dernière fois que je l'ai entendue (du Liszt) c'était il y a deux ans, sur l'antenne matinale de France Musique. Avec un S à l'époque…
J'ajoute pour ses fans et pour donner plus complètement de ses nouvelles, qu'elle doit encore jouer cet été, au 18ème Festival des Siences de Chamonix Mont-Blanc. Mais... ça fait un peu loin au prix de l'essence !
05 juin 2008
MES PIANISTES PREFERES
Les citer tous serait risqué : j'en oublierais trop. Et si je ne puis les ranger dans un ordre de préférence, je dois quand même faire la distinsction entre ceux que je range dans la Cour des Grands, et tous les autres, que j'aime tout autant.
Mais je réserve cette Cour des Grands à ceux qui m'ont marqué depuis mon enfance et m'ont irrémédiablement tourné vers la Musique.
La Cour des Grands :
Ils sont peu nombreux, et restent inaltérables en dépit du temps : mais là, je les mets dans l'ordre de leur apparition :
Yves Nat, Samson FRANCOIS, Wilhlem KEMPFF, Vlado PERLEMUTER, Dinu LIPATTI, Aldo CICCOLINI…
Et puis il y a tous les autres, qui n'en sont pas moins aimés : Je les cite ici dans l'ordre alphabétique de leur prénom, ce qui me dispense du risque périlleux - et surtout injuste pour eux - de les ranger dans un ordre de préférence :
Alexis WEISSENBERG, Alfred BRENDEL, Arcadi VOLODOS, Boris BEREZOVSKY, Byron JANIS, Claudio ARRAU, Daniel WAYENBERG, Gyorgy CZIFFRA, Elizabeth LEONSKAJA, François-Frédéric GUY, Glenn GOULD, Grigory SOKOLOV, Ivo POGORELICH, Jean-Philippe COLLARD, Jonathan GILAD, Julius KATCHEN, Kristian ZIMERMAN, Martha ARGERICH, Maurizio POLLINI, Michel BEROFF, Nelson FREIRE, Nikoaï LUGANSKY, Piotr ANDERSZEWSKI, Rudolf SERKIN, Stephen KOVACEVICH, Sviatoslav RICHTER, Vladimir ASHKENAZY, Vladimir HOROWITZ, Wilhelm BACKHAUS, Wilhelm KEMPFF, … et tant d'autres : je dois certainement en oublier, qu'ils me pardonnent !
03 juin 2008
BRENDEL S'ARRETE…
La nouvelle est tombée…
Pourtant, elle était prévisible : dans une entretien avec Georges Gad publié dans Le Monde de la Musique de novembre 1999 (N° 237) il répondait à la question finale :
" Y a-t'il une chose qui pourrait vous pousser à arrêter de jouer du piano en public ? "
Réponse de Brendel :
" L'incapacité physique ou la perte de mémoire. Mon emploi du temps est bien organisé et je m'accorde deux mois par an pour étudier et écrire. Désormais, ma vie est double. "
Cette deuxième existence lui permettra paraît-il, de se consacrer à sa seconde passion : la littérature.
Après soixante ans d'une carrière bien remplie, nous ne pouvons qu'accepter son choix ; en le regrettant, nous ne l'aimerons que plus.
En insérant ce fil, j'écoute France Musique dont l'animateur évoque son concert d'adieu à Paris hier soir, qui fut d'une douceur musicale assez extaordinaire, selon lui. Il faut croire par ailleurs que ce dernier concert était couru, même par des inerprètes bien connus : François-Frédéric GUY, comme Pierre BOULEZ, entre autres, étaient dans la salle...



