"Lorsque je considère la manière dont la scène orchestrale s'est transformée ainsi que le déclin de la présence de la musique classique à la radio et à la télévision – chaque cas ayant bien sûr ses particularités – il est clair que c'est un recul de celle-ci qui se profile. Elle est de toute évidence écartée des priorités actuelles. Bien sûr, sa place n'a jamais été au tout premier plan, surtout là où on la célébrait selon une conception élitiste, dans des maisons d'opéra ou des salles de concert avant tout au service d'un certain prestige social. Peut-être n'avons-nous pas, nous, musiciens, pris conscience de cette perte assez tôt, parce que la musique classique est une constante dans notre vie et que la vie nous est inimaginable sans elle. Doit-on pour autant courir le risque d'abandonner notre art à lui-même, alors que nous savons qu'il est au premier abord plus difficile d'accès que le plaisir d'un match de football ?"

Voilà ce qu'écrit le chef d'orchestre Kent Nagano, ancien directeur musical de l'Orchestre Symphonique de Montréal, actuellement chef du Philharmonic State Orchestra de Hamburg.en page 80 de son ouvrage : "Sonnez, Merveilles !", que je conseille à tous de lire, et dont le contenu reste bien inquiétant pour l'avenir de la Musique.

Il y a là belle matière à réflexion…