Bien entendu, au vu de l'actualité musicale allemande, ceux qui me connaissent doivent bien se douter qu'aujourd'hui dimanche 15 janvier 2017, je me suis rivé à mon poste de télévision, pour regarder le programme concernant l'historique de la nouvelle salle de concert de Hambourg et le concert inaugural qui suit cette émission.

Par une curiosité bien naturelle, je suis allé auparavant voir sur le site d'Arte le programme du concert, que la chaîne va diffuser, pour prendre connaissance du détail du programme de ce concert, (d'ailleurs déjà visible sur Youtube).

J'enrage.

Je dois quand même apporter ci quelques précisions à ma colère.

Le chef de l'Orchestre symphonique du NDR (le Nordeutscher Rundfunk) –qui désormais prend pour siège cette nouvelle salle de concert - Thomas Hengelbrock, est un chef considéré comme un spécialiste de la restitution de la musique baroque (selon ce qu'en dit Wikipedia), et qui a pris depuis 2012 la succession de Christoph von Dohnányi, puis en 2015, a été nommé chef associé de l'Orchestre de Paris, au côté de son actuel directeur musical Daniel Harding.

Inaugurer cette splendide salle doit donc être pour lui un évènement majeur de sa carrière, surtout quand on sait qu'il dirige son orchestre en présence du Président de la République Fédérale et de la chancelière allemande.

Selon ce qu'en rapporte la presse, "le concert inaugural, habilement tissé par le chef Thomas Hengelbrock, a su faire résonner tous les « talents » de la salle : son acoustique très claire grâce à une réverbération discrète, sa capacité à restituer la subtilité des timbres et l’échelle des nuances, sans saturation même dans les grands tutti d’orchestre, la densité des silences – aucune soufflerie de climatisation ne venant en perturber la quiétude…

De Praetorius à Wolfgang Rihm qui a composé un beau cycle de mélodies pour célébrer l’événement et de Caccini à Messiaen, le « menu » de la soirée prenait l’aspect d’un voyage dans l’histoire de la musique occidentale, où les pièces s’enchaînaient les unes aux autres jusqu’à la conclusion en apothéose – un peu attendue mais toujours bienvenue – par le dernier mouvement de la IXe Symphonie de Beethoven et son Ode à la Joie". ( La Croix)

On en fit autant, ou presque pour l'inauguration de la Philharmonie de Paris : bien sûr, il est assez normal de vouloir faire preuve sans délai des qualités acoustiques de toute nouvelle salle !

Mais, à Hambourg, la ville native de Brahms, qui reste le plus important témoin musical de la ville, ne pas programmer dans un tel concert la moindre de ses œuvres, j'estime que c'est non seulement une faute grave, mais injurieux pour sa mémoire.

S'il est vrai que dans sa vie Brahms eut maintes fois l'occasion de revenir dans sa ville natale, parfois d'ailleurs dans l'espoir d'y trouver un poste à sa dimension qui ne lui fut jamais accordé, on comprend mieux sa raison d'avoir finalement fait le choix de partir se fixer à Vienne.

C'est encore une fois une faute de tous les organisateurs de ce magnifique concert.

Une faute grave, mais de qui ? de Hambourg, de Hengelbrock ? De tous, à mes yeux.

J'enragerai sans fin contre une telle imposture.

NB : J'en suis encore à me demander comment la salle a osé se doter d'un piano de concert de la célèbre marque Steinway's Sons : ils auraient quand même pu opter pour un bon Bosendorfer autrichien !!!