Éternelle affirmation, mais aussi éternelle question.

Je viens d'acheter le dernier disque tout juste sorti, de Daniil Trifonov, pianiste de génie, qui aujourd'hui fait courir les foules à sa moindre apparition. Au passage, cela me rappelle une certaine époque, où c'était Cziffra….

Or précisément, la nouveauté de Trifonov concerne l'enregistrement de l'intégrale des études pour piano de Liszt. Nous y voilà ? Non, pas vraiment, car même Cziffra n'a jamais réalisé cet exploit., sauf, pour mémoire, l'intégrale des Études d'Exécution Transcendante, et de façon éparse, quelques études sur des thèmes de Paganini. (La Campanelle, La chasse, pour l'essentiel.

Pour moi, l'intérêt de l'album de Trifonov était double : avoir enfin dans ma discothèque l'intégrale des Études de Liszt, d'abord, dans la vision ou la perception du même interprète, ensuite.

Après écoute, ré-écoute attentive de l'ensemble, qu'en penser ?

Bien sûr, c'est "tout bon" : certain critique, (Diapason) déclare : "du grand piano lisztien".

Évidemment !, avec la virtuosité qu'on lui connaît, on ne pouvait pas en dire moins.

Pour autant, je ne partage pas totalement cet avis. Car la virtuosité n'est réellement telle que lorsqu'elle se fait oublier. Ce qui n'est malheureusement pas le cas ici : elle est presque tout le temps au premier plan, quasi excessive, presque fatigante.

Alors j'eus le souvenir d'un disque microsillon 25cm. en mono qu'avait eu mon père, où un grand pianiste aujourd'hui bien oublié, Alexandre Uninsky, jouait Liszt, en particulier les Études de concert sur un thème de Paganini. Je ne sais pas ce qu'est devenu ce disque, regrettant bien sûr de ne pas l'avoir retenu dans les disques qu'il laissait à son décès. Je l'avais dans ma jeunesse tellement écouté que j'en ai gardé un tel souvenir que je suis parvenu à en retrouver la photo sur Internet, mais la photo seulement…

UNINSKY LISZT

Éternelle question disais-je, en débutant cette chronique. En l'occurrence, ma réponse sera :

"Oui, c'était mieux avant !". Non, il ne s'agit pas d'un souvenir de jeunesse déformé par le temps. On avait le plaisir d'écouter un pianiste qui prenait le temps de raconter, sans rajouter quelque effet artificiel, mais en nous restituant l'œuvre d'une telle façon qu'on avait l'impression d'entendre le vieux Liszt lui-même. Je viens de signaler sur le forum de Discogs que je suis acheteur de ce disque si quelqu'un sait où le trouver : il ne figure même plus dans l'inventaire d'Amazon.