Je souhaite évoquer ici un compositeur languedocien, que peu, très peu, de livres, ont abordé : Paul Lacombe.

L'encyclopédie Wikipedia en dénombre 9, le plus connu étant que je sache, le livre qui a été écrit et publié par Martial Andrieu, ténor, carcassonnais de naissance, qui outre ses activités musicales, publie un blog dans lequel il défend avec opiniâtreté le patrimoine culturel et musical de sa ville de naissance et où j'ai grandi, paru à compte d'auteur sous le titre :

 

"PAUL LACOMBE, le testament musical d'un grand symphoniste français",

dans la collection "Musique et patrimoine".

Paul Lacombe © Martial Andrieu

Pour mémoire, et pour permettre à mes lecteurs de mieux le situer, je donnerai seulement ses dates de naissance et de décès : 1837-1927, l'une et l'autre à Carcassonne. Intime de Georges Bizet qui fut son mentor, ami de Massenet, Fauré ou d'Indy, Paul Lacombe a eu du succès à Paris, en Allemagne, mais n'a jamais su tirer parti de ses relations parisiennes, pour asseoir sa réputation au rang national.

 

A Carcassonne, il reste hélas – bien sûr – généreusement ignoré de tous ceux qui auraient quelque pouvoir de réhabilitation. Seul un disque a été publié, interprété par une pianiste locale, fait l'objet d'un lourd différend avec Martial Andrieu. Je ne l'ai jamais entendu, mais en aurais quelque crainte, l'interprète étant totalement inconnue.

 Voilà, pour poser le décor.

 Mon propos est tout autre.

C'est un lieu commun de dire qu'aujourd'hui, l'édition discographique s'est considérablement élargie depuis l'arrivée du CD, puisque l'investissement nécessaire n'a plus rien à voir avec celui que nécessitait le microsillon.

Il n'y a guère que sur You tube que l'on puisse écouter des extraits de certaines de ses œuvres dont un extrait du CD dont je viens de parler ; je ne me suis d'ailleurs pas gêné pour en faire une critique sévère :

 

https://www.youtube.com/watch?v=e01lT20xxJs

 Je ne citerai que celle-ci, parmi d'autres. Il faut reconnaître que Martial Andrieu a fait un important travail de divulgation sur You tube. : 

 https://www.youtube.com/watch?v=CjEqz9G9DU4

 Mais force est de constater, à travers la lecture des mensuels les plus connus qui se consacrent à la critique des nouveautés discographiques mensuelles que l'on assiste mois après mois, à la découverte de nouveaux compositeurs, jusqu'ici inconnus, mais que quelques jeunes artistes de talent, nous révèlent.

 D'où ma question : qu'attendent-ils pour faire valoir ce compositeur ? Je me doute bien, à la lecture de cet ouvrage que l'accès à ses partitions ne doit pas être des plus aisé. Mais si l'on prend en compte que l'Allemagne est un pays qui a dû mieux les conserver que notre pays, il ya là un travail de défrichage, énorme sans doute, qui ne peut que valoriser ceux qui l'auront mené à terme.

Certes, d'après ce que j'ai compris à la lecture de cet ouvrage, les partitions pour orchestre doivent présenter encore plus de difficultés.

Encore qu'elle doivent être récupérables, puisque David Bismuth et Camille Thomas, ont bien exécuté la sonate Op. 100 pour violoncelle et piano lors du Festival de Radio-France de Montpellier le 15 juillet 2015. France Musique qui plus est, a rediffusé ce concert deux semaines après.

Il serait donc hautement souhaitable qu'un certains de nos jeunes interprètes, désireux de sortir des rails usés de la routine des éditeurs discographiques, toujours friands de succès et de ventes, sachent aussi les bousculer sérieusement. Et qu'ils soient aussi convaincus que cela ne les empêchera pas de faire carrière. Qu'attendent-ils ?

 J'avais aussi un temps, pensé solliciter Suzanne Sarroca, qui revient chaque été dans sa maison carcassonnaise que je situe d'autant mieux que mon père connaissait très bien le sien. Mais, sauf son respect, je crains qu'elle n'ait plus à son âge l'énergie autant que la force de conviction pour solliciter son réseau de connaissances.

 Deux derniers regrets, pour en terminer, car je m'étonne encore que ni l'un ni l'autre n'y ait pensé :

 Je veux parler d'abord de notre regretté Aldo Ciccolini, (il avait à l'époque succédé à Vlado Perlemuter au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris) qui venait si souvent dans notre région dont il aimait un autre compositeur : Déodat de Séverac. Je l'avais bien connu dans les années 70, lorsqu'il était coutumier des festivals de Saint-Lizier et de Saint-Bertrand de Comminges ; mais, mea maxima culpa : à cette époque là, je ne connaissais même pas de nom Paul Lacombe.

 Enfin, Michel Plasson. Notre grand chef toulousain à l'époque, fut toujours un défenseur acharné de la musique française. Ne lui doit-on pas, par exemple, la découverte des symphonies de Magnard ? Si quelqu'un le lui avait suggéré, je crois qu'il aurait agi ; d'autant qu'il se rendait aussi assez souvent en Allemagne, puisqu'il fut également directeur musical de l'Orchestre Philharmonique de Dresde. Sans doute alors eut-il eu plus de facilités pour obtenir les partitions éditées dans ce pays. Dommage.

 Je conclurai en disant simplement un chose : le choix de Paul Lacombe était le sien. Il faut le respecter.

Mais vous pouvez être certain d'une chose : naître, vivre et habiter Carcassonne sans envisager de quitter cette ville, c'est déjà s'y enterrer pour l'éternité :

ne comptez pas sur elle, si un jour vous gagnez quelque célébrité, pour vous célébrer post mortem.