Arte, dimanche soir : festival Mendelssohn. La star ? Quelle question ! Lang-Lang, voyons donc. Je ne sais qui est son impresario, mais il en a trouvé un bon. Qui le propulse partout où il faut être. Un pianiste doué autant d'une excellente virtuosité, que d'un excellent marketing. Sans compter qu'il assure aussi celui des autres : baskets Adidas, stylo (bien accroché à sa poche), et montre (bien visible à son poignet), le tout de marque Montblanc. Il ferait mieux d'arborer une Rolex. Certes, il n'a pas encore 50 ans, mais devrait avoir le souci d'affirmer sa réussite sans les attendre !

Bref, j'ai quand même pris la peine de le regarder.Avez_vous_une_Rolex Il y a des progrès, assurément, mais il en a encore autant, sinon plus à faire : certes il ne se couche plus ni ne se cabre plus sur son piano comme on a pu le voir il y a quelques années  à New-York,. (mais les américains doivent aimer ce côté démonstrateur). Mais encore beaucoup trop de singeries-minauderies, jusqu'à une recherche d'attitude (gestique de sa main par moment libre, gauche ou droite, qui se voudrait " gouldienne ". On peut en rire, si cela n'était ridicule. Quant à l'interprétation du Concerto n° 1 de Mendelssohn, franchement flon-flon, pompier, sans poésie. On est loin de Serkin, loin, très loin.

Le problème ? Sans doute son impresario, qui lui fournit hélas toutes les occasions de se montrer. Il devrait le remplacer par un moine, qui lui montrerait le chemin de la réflexion et de la modestie, et le confesserait de son orgueil, avec une lourde pénitence. Oui, assurément, trop orgueilleux ce chinois, confiais-je à mon épouse. Qui a eu pour simple réponse : " déjà qu'ils le sont tous… " Au travail, Monsieur Lang, au travail ! Contorsionnez vous moins, et essayez donc un peu, quand vous êtes au piano, de vous faire oublier. Ca vous pose un tel problème ?