Au risque de déplaire aux " fans " de la technologie, je l'avoue bien franchement : pour moi le MP3 est un sacrilège, et je ne fais pas partie - pas encore - des mélomanes qui se targuent de pouvoir emporter n'importe où leur musique favorite ! Au risque de passer pour rétro, bien que ce ne soit ni le progrès ni la modernité qui me laisse sur le bord du chemin. Mais c'est une qualité de son qui à mes oreilles est rétrograde. L'indispensable compression des fichiers audio, croissante avec le progrès, apporte en fait un recul dans la qualité du son. Déjà le CD, indépendamment des avantages pratiques qu'il apporte indéniablement, n'a pas la qualité d'un bon vinyle. Et nombre de mélomanes-audiophiles autant que de chroniqueurs avertis le reconnaissent. D'ailleurs n'assiste t'on pas, depuis quelques temps à un retour en vogue de la bonne vieille platine, et ne voit-on pas aussi une tendance au retour de certaine clientèle vers le microsillon ?
Vous avez certainement dans votre discothèque un CD qui est le report d'un microsillon également présent dans votre disocthèque. Eh bien  faites au moins une fois l'expérience de les écouter tour à tour sur votre chaîne et dans les mêmes conditions de volume.

Les disques analogiques n'utilisent pas d'échantillonage, (cela signifie que le temps n'est pas découpé, "saucissonné", pour être numérisé) et ont ont une compression de dynamique qui était particulièrement soignée pour remonter les détails dans les passages faibles, maîtriser les fortés... C'est l'un de mes critères d'achat de CD, préférant toujours un ADD à un DDD. Tous ces aspects devraient être considérés comme des défauts par rapport aux performances bien supérieures du CD, mais il n'en est rien car il n'est que rarement possible de disposer d'une dynamique de niveau important chez soi, alors qu'en limitant la dynamique, le vinyle donne un signal plus facile à écouter, dans lequel plus de détails sont amenés à des seuils audibles.

La technique permet certes de connecter son ordinateur à sa chaîne HIFI, mais toute de qualité soit-elle, cette dernière restituera encore un son au format MP3. Le MP3 a beau être un outil formidable, il a certaines limites, principalement celle d’utiliser un système de compression plus destructif encore que celui du CD : il ne retransmet donc pas intégralement le spectre des fréquences audio, donc réduit la qualité (plus le taux de compression est grand, plus la qualité diminue, ce qui mène parfois à l’apparition de sons parasites). Mais en général, si ces limites sont minimes malgré la perte de qualité sonore, le son reste acceptable pour l’oreille humaine. Au dire des spécialistes le format MP3 est en pleine décadence et commence à laisser place à des technologies plus performantes. Les nouveaux formats le seront-ils effectivement ? On est en droit de se poser la question.

Mais au sujet du MP3, j'extrais un passage significatif de l'entretien publié par ARTE, et donné par Ewald MARKL, ancien patron de la collection Musique classique de « Deutsche Grammophon » et ami de longue date de Herbert von Karajan :

ARTE : Du coup une question s’impose sur ce que Karajan penserait de l’actuelle « génération i-pod » avec la compression des fichiers audio et une qualité MP3 souvent assez mauvaise. Pensez-vous qu’il aurait eu du mal avec cette musique numérisée et compressée utilisée sur des lecteurs MP3, justement par ce que la qualité sonore n’est pas bonne ?
Ewald Markl : Je pense que cela lui poserait certainement un problème dans la mesure où la dynamique acoustique et la bande passante de ces appareils ne sont pas vraiment idéales ou du moins très limitées. Il aurait certainement considéré cela comme un retour en arrière. Il avait formulé un jour cette phrase célèbre au sujet des nouvelles techniques : avant, il n’y avait que des lampes à gaz !
ARTE : Il n’hésiterait donc pas à se servir des dernières technologies numériques ?
Ewald Markl : Il les utiliserait sans doute. Mais si pour cela il devait accepter une piètre qualité sonore en raison de la compression et de la mémorisation des données, je pense qu’il aurait mis son veto en disant : désolé, pas avec mon répertoire.

Et qu'on ne me dise pas que Karajan n'avait pas d'oreille !
Il reste encore à mon avis une autre alternative : Faut-il revenir au vinyle ou passer au SACD ?
Je crois que cette question a une réponse économique simple: si vous avez des vinyles, écoutez les. Un vinyle neuf n'est pas très cher (8 à 10 euros), soit moins cher qu'un CD... et beaucoup moins cher qu'un SACD (qui en offre plus, il est vrai). On trouve aussi beaucoup de disques d'occasion. A ce prix là, pourquoi se priver de ce plaisir !