C'est évidemment une banalité de dire qu'elles sont à la mode. Mais qu'en est-il ? Valent elles la peine d'être acquises, même à des prix attractifs ? Par ailleurs, est-ce que ce sont vraiment des intégrales, c'est à dire réellement complètes ?
Enfin faudrait-il en donner une définition rigoureuse, chose qui, à ma connaissance n'est pas encore faite.
Après Mozart, Bach, Beethoven, et Chopin, voilà Brahms à son tour aujourd’hui proposé au grand public dans un coffret au prix particulièrement attractif… Quand j'étais gamin, on ne parlait pas encore ” d'Intégrale “, mais beaucoup plus clairement “d'œuvres complètes ” : C'était encore l'époque ou quelques férus d'anthologies, – au demeurant assez fortunés - pouvaient se permettre l'acquisition de volumineux catalogues de microsillons 33 tours…
Un peu plus courantes existaient auparavant quelques rares éditions, par exemple : la totalité des Sonates pour piano de Beethoven, qui déjà, représentaient un onéreux et volumineux coffret de vinyles Et c'était encore un ” exploit ” de l'interprète que d'assurer ces enregistrements, chose qu'ils ne réalisaient pas au début de leur carrière, mais seulement à partir d'un certain âge, dit ” de maturité “…
La seule que j'aie est une intégrale Chopin, réalisée en Pologne que Perlemuter m'avait ramenée, - j'étais alors étudiant à Paris – à son retour du Concours Chopin dont il présidait le jury. Et qui à l'époque représentait un an de salaire pour un professeur polonais !
Aujourd'hui, qu'en est-il ? L'arrivée du CD a largement contribué à modifier la donne. Appuyés par un bon marketing, relayés par un besoin savamment provoqué par les medias, certains éditeurs ont fait en sorte que rien ne soit " beau " qu'en étant intégral.
Certains interprètes s'en étonnent, voire résistent et rouspètent ! A noter toutefois que ce ne sont pas les plus jeunes : je pense ici au cas de Gustav Leonhardt, évoqué dans le dernier numéro de Diapason. Et vous, qu'en pensez vous ?