10 mai 2009
BERLIOZ, TOUJOURS MECONNU !
Théâtre des Champs-Elysées, jeudi soir, concert retransmis en direct par France Musique.
L'évènement est de taille : Création mondiale de " Le temps l'Horloge " de notre compositeur bien vivant, Henry Dutilleux. Avec comme exécutants les deux interprètes dédicataires de l'œuvre, une commande de Radio France, et pas n'importe qui : Renée Fleming, soprano, et Seiji Ozawa au pupitre.
Patriotisme du programme : trois compositeurs français à l'affiche, avec Dutilleux, Ravel pour commencer, Berlioz pour conclure.
J'enregistre, je réécoute.
Mon propos, ici ne sera point de faire la critique du concert, (je laisse ce soin aux spécialistes, beaucoup plus compétents que moi), mais de faire juste part de mon étonnement final.
Je reste vraiment surpris par l'apparente méconnaissance du public vis à vis de la suite du Roméo et Juliette de Berlioz, en entendant, comment après la fin de l'exécution, la salle a hésité à applaudir… ce qui traduit la preuve manifeste de sa méconnaissance de l'œuvre. Mais oui, c'est bien fini, bande d'ignares !
Ah, c'eut été la " Fantastique ", les applaudissement auraient été beaucoup plus immédiats au terme du dernier accord ! Mais là…
Décidément la phrase d'un célèbre critique de l'époque qui disait, à propos des trois plus grands musiciens français, que Rameau était inconnu, Debussy, mal connu, et Berlioz , méconnu, reste bien vraie, tout au moins pour ce qui concerne Berlioz.
02 mai 2009
L'ANNEAU DE MELISANDE
Réveillé comme tous les matins par le chant des piafs, quillés sur la gouttière, et qui n'ont de cesse de déverser leur fiente sur la carrosserie de ma voiture, je m'empresse d'accéder à mon toit du monde pour lire l'actualité donnée par nos chers petits journalistes musicaux qui me déversent tout leur flot de fiel.
Depuis hier, je m'amuse et m'insurge : belle série d'éditos chez les uns, de lettres-réponse chez d'autres, de prises de position tout aussi légitimes que variées, face à la réaction d'un chroniqueur bien connu de l'un de nos mensuels spécialisés, je le cite : (il n'en reste plus beaucoup, alors pourquoi vous laisserais-je le chercher) Diapason.
Cela tourne à l'imbroglio. Chacun a raison, mais tout le monde à tort. Tort de se lancer dans pareilles querelles.
Les débats, certes ne remontent pas à hier. Témoin ces deux extraits de presse que peu aujourd'hui doivent avoir en mémoire, car ils émanent d'un ancien hebdomadaire qui, hélas, eut une vie de la durée d'une rose, mais qui avait l'avantage de se consacrer d'une façon très précise exclusivement aux programmes de France Musique, assortis, pour s'étoffer, de quelques chroniques.
Comme vous le voyez, ce n'est pas d'aujourd'hui que je fais partie des " consommateurs de presse musicale ", puisque c'était dans les années 1968/69 sauf erreur. A cette époque donc était paru dans ce journal un article signé Michel Glotz, en fait extrait de son bouquin " Révéler les Dieux "dans lequel il avait inclus une " lettre ouverte aux critiques musicaux ".
Le dit article avait évidemment déclenché des réactions indignées, et le journal n'avait publié que celle de l'un de ses collaborateurs.
Ce fut cette publication qui me poussa à acquérir l'ouvrage de Glotz, dont la lecture m'incita à consommer davantage de presse musicale. Or à l'époque pas encore d'internet, seulement la presse spécialisée, et, c'est vrai davantage d'articles, de critiques de concerts, dans presque tous les quotidiens, autant nationaux que régionaux…
Qu'en est-il aujourd'hui ? La presse quotidienne a sérieusement baissé de régime surtout depuis l'arrivée d'Internet. Quant à la presse spécialisée, elle a fondu, en moins de dix ans, comme peau de chagrin : souvenons nous avec respect sinon émotion, des Répertoire, Opera Mag, Opéra International, et tout dernièrement du Monde de la Musique, que j'ai déjà déploré ici même, voyant dans cette disparition comme la chute de l'anneau de Mélisande au fond du puits…
Face à cette évolution, certains se demandent maintenant si des structures plus légères en terme d'investissement et de charges financières comme celles que sont les sites Web spécialisés, d'accès gratuit, ne sont pas devenues de sérieuses concurrentes des mensuels qui restent encore en place, et pensent que leur lecteur ne va pas renier à ses abonnements. Et se posent, fort honnêtement d'ailleurs, la question de savoir s'il faut s'en réjouir.
D'autant que certains des chroniqueurs du Web sont aussi rédacteurs dans ces revues ou ces journaux !
Pour ma part, j'avoue ici bien franchement que j'eus préféré la disparition de Classica à celle du Monde de la musique. Et que face à la brièveté de certains de ses articles, je me pose sérieusement la question de savoir si je vais, le moment venu, renouveler mon abonnement. Même si quelques illustres signatures y poursuivent leur tâche, j'ai encore le temps, mon abonnement actuel ne venant à échéance qu'en avril 2010 !.
Je ne vois pourtant dans ces divers supports, que je qualifie respectivement de " presse écrite " et de " presse internet " aucun problème de concurrence. Pour avoir vécu les quasi débuts de la presse internet, (et participé activement à Res Musica jusqu'à une certaine époque), j'ai pu aussi constater l'évolution de l'opinion de la presse papier sur la génération montante. Observés avec un certain mépris par les critiques officiels des grands journaux, les sites internet reconnus ont même parfois sympathisé avec certains de leurs aînés. Quand je vois que certains sites se voient désormais fournir des " places de presse " par l'ONP, je me dis que si concurrence il y a, c'est tant mieux ! Car je préfère lire une critique d'Opéra qui, avec photos à l'appui (pas plus de trois, en général), se parcourt sur trois ou quatre " pages-écran ", qu'une simple demi-page sur Classica ou Diapason : on en sait tout de même un peu plus !
Il y a encore moins de raisons de se réjouir de la disparition des uns, que leurs conditions de travail sont radicalement différentes. Une feuille de papier n'est jamais qu'un espace limité, et comme me l'avouait assez récemment Renaud Machart, critique du Monde, c'est assez acrobatique de devoir faire une critique limitée à 4000 caractères. Problème de presse écrite, parmi tant d'autres qui lui sont propres!
Réciproquement, on ne saurait oublier celles de la presse internet, qui se plaint fréquemment d'être limitée en volume par ses hébergeurs !
Pour finir, le problème n'est-il pas aussi que la presse spécialisée, notamment Diapason, et, surtout le Monde de la Musique ont beaucoup trop tardé à aborder le Web de façon compétente ?
Même si aujourd'hui Classica " se repose " sur le site de Qobuz, l'idéal, à mes yeux, n'est pas encore atteint : un site qui reprendrait entièrement, mois par mois, l'édition papier.
Finalement, toutes ces querelles de personnes sont aussi vides qu'inutiles. Le seul bon sens qui reste serait de faire place au progrès.
23 avril 2009
CRITIQUE DES CRITIQUES, OU PLUS EXACTEMENT, DES SITES (2)
Je serai franc et sans esprit polémique, mais à force de fréquenter, quasi quotidiennement chacun des sites de chroniques musicales que vous pouvez apercevoir dans la liste de mes liens favoris, mieux vaut que j'annonce au lecteur peu informé, les inconvénients et faiblesse de chacun d'eux.
Je vais donc les classer par ordre de préférence, en distinguant pour chacun d'entre eux, plusieurs critères.
En première position, FORUM OPERA avec 23 points,
Qualité des chroniques : ******
Qualité de présentation : *****
Datation des chroniques : *****
Facilité de navigation dans le site : ***
Illustrations photographiques : ****
En seconde position : CLASSIQUEINFO.com avec 21 points,
Qualité des chroniques : ******
Qualité de présentation : *****
Datation des chroniques : *****
Facilité de navigation dans le site : *
Illustrations photographiques : ****
Ils ont tous deux l'avantage de bien distinguer la date du concert chroniqué de celle de la publication/mise en page. On peut en effet douter, comme on le verra plus loin que les chroniques d'un concert aient pu être rédigées et publiées dans la soirée qui l'a suivi !
Troisième position pour RESMUSICA avec 20 points,
Qualité des chroniques : **
Qualité de présentation : *****
Datation des chroniques : *****
Facilité de navigation dans le site : ****
Illustrations photographiques : ****
Ici, net avantage à la présentation dans la mesure où pour chaque chronique de concert, le site donne d'abord accès à ce que j'appelle " l'affiche " de la soirée chroniquée. Mais, petit inconvénient, vraisemblablement pour paraître plus " animé ", dans chacune de ses rubriques, le site change constamment sa " Une ", bien que ce ne soit pas chronologiquement la dernière information chroniquée. Par ailleurs, ils sont les seuls à permettre la visualisation du cursus de leurs chroniqueurs.
En quatrième position vient ALTAMUSICA avec 18 points,
Qualité des chroniques : *****
Qualité de présentation : **
Datation des chroniques : *****
Facilité de navigation dans le site : **
Illustrations photographiques : ****
Viennent ensuite mais hélas à un tout autre niveau… A partir de là, on dégringole !
En cinquième position, avec 13 points, (on voit que l'écart est significatif), CONCERTONET :
Qualité des chroniques : ****
Qualité de présentation : **
Datation des chroniques : *
Facilité de navigation dans le site : ****
Illustrations photographiques : **
Un seul point pour la datation des chroniques : qui se fait à l'américaine, mais qui reprend l'européenne dès qu'il y a répétition de dates : le comble de la logique !
Un mauvais point : ils semblent avoir perdu pas mal de chroniqueurs-correspondants sur la province et l'étranger. Pas mal de chroniques vraiment trop brèves.
Sixième position de mes préférés, avec 10 points, CONCERTCLASSIC :
Qualité des chroniques : **
Qualité de présentation : ***
Datation des chroniques : 0
Facilité de navigation dans le site : ****
Illustrations photographiques : *
Datation : la pire de toutes ! : les chroniques d'annonce d'un concert sont à la date du concert et non à celle de la chronique. Chroniques souvent paresseuses, qui laissent le lecteur sur sa faim.
Avant dernier de mon classement, avec 9 points, CLASSIQUENEWS :
Qualité des chroniques : ***
Qualité de présentation : **
Datation des chroniques : *
Facilité de navigation dans le site : **
Illustrations photographiques : *
Une frappe des textes parfaitement catastrophique à la recopie, qui plus est de la plus haute fantaisie suivant les rédacteurs.
Enfin, bon dernier du classement, avec 8 points, QOBUZINFO :
Qualité des chroniques : *
Qualité de présentation : ***
Datation des chroniques : *
Facilité de navigation dans le site : **
Illustrations photographiques : *
Chroniques rarement riches, du vrai style " cancanier " mais qui tient bien au courant des prestations à venir, d'où son intérêt. " Marié " au mensuel Classica, un seul chroniqueur, avec le tort d'en reproduire certains articles, (certes pas sous sa signature) mais peu souvent les plus significatifs. Doit-on renouveler son abonnement à la dite revue ?
Voilà. Estimation rapide, succincte, dans laquelle j'ai volontairement supprimé un critère de taille :
facilité de recopie des chroniques sous Word. Déplorable partout ! Tous demandent une plus que bonne maîtrise de Word, avec la nécessité de s'habituer à la modification de chacun, en fonction de leurs critères de mise en page et de dactylographie.
Ma conclusion : d'énormes progrès restent à faire pour chacun d'eux, aucun ne s'étant à l'évidence soucié de la possibilité pour leurs lecteurs intéressés, de pouvoir aisément recopier un article. Word étant l'outil de traitement de texte le plus répandu, on peut se demander ce qu'il en serait avec Acrobat PDF Writer…
20 avril 2009
PAGAILLE DE VOCABULAIRE
Il me semble qu'aujourd'hui soient oubliés tous les grands exemples du passé, que tout se déroule comme si la conscience de ce qui fait la valeur éternelle d'une musique avait disparu, comme si la sagesse supérieure était tombée en déshérence. Car il existe aujourd'hui une politique de la musique. Je reprendrai seulement ici la phrase de Jacques Rouvier, Professeur au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, qui l'a fort bien saisi et dénoncé (en parlant de la seule Musique qui ici nous préoccupe, mais je crains que l'on puisse étendre son affirmation à toute forme d'Art) qui a dit : " Le problème, c'est que la Musique est devenue un business ".
De plus en plus, partout, dans tous les domaines, il y a des cultes et des prêtres fanatiques. Ce mal, on le retrouve en musique, où le zèle des dilettantes, excités par l'influence des médias et l'insuffisance des critiques zélateurs est particulièrement nocif, car il engendre et généralise l'idolâtrie, la connerie, à laquelle nous assistons.
Les médias d'aujourd'hui se fichent pas mal de la beauté de l'inspiration au profit de leur cupidité. De sorte que l'on assiste à la chute définitive de la musique (et je comprends d'autant mieux la chronique de Jacques Drillon parue dans le Nouvel Obervateur du 14/02/2008, n° 2258, " La musique classique se meurt ") sans parler de l'essor de l'anti-musique, des bruits inarticulés, et de la laideur sonore la plus absolue : on se surpasse aujourd'hui en fait d'inspirations cacophoniques, de bruits bizarres pour ne pas dire insupportables, témoins d'une verbosité creuse, habituellement étrangère à la création dans ce qu'elle a de noble, et l'on sombre dans le vide le plus absolu : le néant.
Et pour cause, car l'on sent bien qu'il s'agit bien plus d'une musique recherchée que trouvée : on voit comment les compositeurs d'aujourd'hui recourent aux procédés que leur offre la technologie d'aujourd'hui, en cherchant leur voie par exemple, via l'ordinateur ( Le Monde, 28/03/20009 : " Ces compositeurs qui travaillent au clavier… de l'ordinateur "). Peut-on valablement les considérer comme des compositeurs ?
Pour moi, ce n'est pas de la musique, point-barre ! L'article du Monde intitule ces procédés : " la fabrique de la culture "… Drôle de culture ! Je pense que, corrects, leurs auteurs n'ont pas dû oser écrire : " la fabrique de la m.... ". Mais quelle époque !
Faut-il rappeler qu'au départ, l'ordinateur n'a jamais été conçu pour faire de la musique ou comme pouvant être un instrument de musique. Et un clavier d'ordinateur ne sera jamais un clavier de piano, pas plus que d'accordéon ou de n'importe quel instrument. Tout au plus, ces applications là sont elles des dérivés de la technologie d'aujourd'hui. Vous imaginez vous, un Lang Lang interprétant un concerto de Chopin sur un clavier de PC ? Moi pas. Passons !
Nous sommes condamnés à cette mondialisation des activités qui nous permet de voir les banques faire de l'assurance, les assureurs se prendre pour des banquiers, pour me limiter à ce genre d'exemple simpliste. Par extension, les informaticiens pour des musiciens-compositeurs… et les musiciens pour des informaticiens ?
Quant aux critiques, même cultivés et bien intentionnés, ils restent souvent désespérément extérieurs aux œuvres qu'ils jugent, parce qu'il ne se sont le plus souvent pas donné la peine d'écouter et de réécouter, leurs efforts se terminant après une seule audition.
En fait, dans le domaine de la critique, c'est plus compliqué aujourd'hui car tout se mélange à tout, et l'on est victime d'un magma épouvantable de textes et chroniques largement favorisés par (depuis) l'arrivée d'Internet. Ici aussi, il y aurait lieu de procéder à une sérieuse réforme du vocabulaire afin d'y vois plus clair. Je suggère que l'on laisse le terme de critique à ceux qui font état d'une création musicale, et que l'on réserve celui de " chroniqueur " à ceux, que je ne sous-estime nullement, qui nous rapportent par écrit leurs impressions de concerts.
Sans parler de la musique autre que classique, qui bat tous les records d'audience, au point d'être considérée comme musique, reléguant au second plan celle d'origine, à laquelle on est aujourd'hui contraint d'ajouter le qualificatif classique !
Comme l'a dit Schiller : " J'ai vu profaner la couronne sacrée de la renommée sur le front du vulgaire "
13 avril 2009
VIENNE DETONNE, PAUVRE HAENDEL !
Lapalissade, me dira-t'on, quand j'affirme que Vienne n'est plus Vienne, du moins ce qu'elle fut. Témoin la retransmission du Messie de Haendel sur Arte hier soir. Mise en scène de Claus Guth, Chœurs Arnold Schonberg : tout ce qu'il faut de révolutionnaire pour fêter, sans le moindre souci de dignité, le deux cent cinquantième anniversaire de la mort de Haendel. Gloire à Haendel, à bas le Theater an der Wien ! J'ai dit. Inutile après ce spectacle de prendre à témoin l'article de Jacques Drilllon dans le Nouvel Observateur, (programme télévision de cette semaine), mais je ne saurais le soustraire à ceux qui ne l'ont pas lu.
Avec, en plus, des petit-chanteurs qui chantent faux.
Voulu ? On est, à ce point de mauvais goût parfaitement en droit de se poser la question. Pour ma part, je pense que oui.
A moins que ce ne soit une façon de vengeance vis à vis de nos amis anglais qui se targuent tellement d'un Haendel Anglais. Certes ! Puisqu'il se fit naturaliser là-bas. Bien qu'allemand de naissance, il n'est pas impossible que nos amis autrichiens y aient cherché quelque revanche. Mais quand même ! Si c'était le cas, ils ne font pas preuve de la meilleure façon de réhabiliter la mémoire du compositeur. Vienne détonne !
28 mars 2009
LA DISPARITION DU " MONDE DE LA MUSIQUE "
Voilà, c'est fait. Même leur site Internet ne répond plus. C'est fini. Et comme toute fin, c'est triste. Enterré.
Oui, je sais, je suis un nostalgique, mais qu'en dira-t-on de l'époque où nous avions de bons compte-rendus de concerts et autres chroniques que nous avions plaisir à lire ? Sans partager toutefois les points de vue du chroniqueur. 20 ans de lecture assidue de la revue, n'est-ce pas d'abord une preuve de fidélité ?
Fidélité qui fait, au fil des numéros que l'on s'attache à certaines catégories d'articles ou de chroniques. Personnellement, j'ai conservé, dans ma base de données, l'essentiel des articles de la revue : ainsi, pour moi, au moins ne seront-ils pas morts.
Mais je plains tous ceux du Monde de la musique qui se sont fait jeter comme des mal propres par la direction de la nouvelle revue. Je ne me permettrai pas de les citer, ils sont trop nombreux, (qu'ils me pardonnent), ceux dont j'aimais bien lire les chroniques au fil des mois. Mais du fond du cœur, je les plains et leur dis ici toute ma fidèle admiration, ayant collectionné leurs articles sur ma base de données autant qu'il se pouvait. Encore que ce genre de " sport informatique " je ne l'ai pratiqué que depuis les deux dernière années.
Ceci dit , je veux en venir à un autre sujet qui me paraît de plus grande importance :
La presse écrite peut-elle être valablement être remplacée par une " presse Web "? J'en viens à en douter, d'autant qu'il s'git moins d'une question de support, que d'une question de liberté d'expression. Bref, je regrette cette disparition, enterrée et mise en terre comme une pestiférée.
Mais je crains surtout, que l'avenir ne soit plus pauvre : on nous le promet plus riche : Fi donc ! Sombres imbéciles prometteurs de merveilles qu'ils ne sont pas foutus de nous livrer.
Témoin ? Le premier numéro de Classica . Le premier numéro , numéro 111, oui, nous avons bien lu : 111 !
Ils n'ont même pas eu le courage de renuméroter leur revue au départ : N° 1.
Mais quelle veulerie !!!
Ce qui revient à dire, tout simplement que sous un nouveau titre allégé (plus de " Répertoire ") on a bouffé tout le monde. Quand à dire que sous leurs promesses, (ils nous assuraient de la publication d'un CD mensuel…) on nous livre un CD qui ressemble à ceux de leur confrère (ennemi ?) Diapason, comme deux gouttes d'eau, avec quand même moins de choix : histoire de paraitre plus sévère, donc meilleur juge. Tu parles !
Ce qui revient à dire que des merdeux, la morve au nez, ont gobé d'un coup d'un seul ceux qu'ils n'aimaient pas, pour cause de concurrence. Voilà le problème. Voilà comment l'un des grands patrons de la presse que je ne nommerai pas ici, simplement parce que je le dédaigne, fait ses quatre volontés, au plus grand mépris de la culture dont il s'estime le plus grand défenseur.
Eh bien Monsieur, Chapeau ! Merci, et par avance, good bye : je pense qu'au terme de mon abonnement, je ne le renouvellerai pas.
15 mars 2009
CRITIQUE DES CRITIQUES, OU PLUS EXACTEMENT, DES SITES (1)
J'entame ici un sujet qui me tient à cœur depuis pas mal de temps : " Fréquentant " depuis plus de sept ans maintenant la plupart des sites de chroniques musicales vouées au classique, je pense être en mesure d'en faire, à mon tour, une critique. Je la ferai sous un double aspect : Technique, d'abord, c'est à dire qualité de présentation et de mode de rédaction. Dans un second temps, qualitatif ensuite, j'entends : compétence des chroniques, qui sera développée ultérieurement. Je l'ai déjà dit dans ces pages, je " collectionne " les diverses chroniques de mon intérêt, que je centralise dans une vaste base de données. C'est dire que quotidiennement, je me rends sur les sites que j'ai petit à petit sélectionnés, pour y recueillir leurs chroniques, par un simple " Copier/Coller ".
C'est bien là que le problème n'est pas aussi simple qu'il y paraît, d'où la raison de ce chapitre.
Je sais : la plupart de ces sites ont été élaborés par ceux qui les ont voulus. Il n'empêche que leur forme, d'une diversité très grande, est rarement d'une parfaite logique. A se demander s'ils n'ont pas été créées sous le coup d'une inspiration subite, soit ! mais peu réfléchis sur la question de la forme au moment de leur mise en œuvre finale. Certes chacun doit veiller à une originalité particulière, mais quand même !
Mais avant : quand le lecteur que je suis, comme n'importe quel quidam, lit un titre qui retient son attention, il aime bien trouver en tête de chronique ce dont il s'agit : une introduction, en quelque sorte.
Or, rares sont les sites qui procèdent dans un esprit logique : seuls, pratiquement, ResMusica et Concertonet ont su respecter ce principe fondamental. Bravo à eux !
Car on " n'attire pas les mouches " seulement avec un titre ronflant, (autre sujet sur lequel il faudrait revenir, qui n'est pas propre aux sites internet, mais bien partagé par tous les medias) mais bien plutôt avec une entrée en matière qui indique clairement ce dont il va être question infra.
Désagréable pour le lecteur de ne découvrir ce dont il s'agit qu'en fin d'article. (ClassicInfo, AltaMusica). Pourquoi ne pas mettre ces rubriques, ce que j'appelle, dans mon jargon, " l'affiche ", en tête de leur chronique ? Ce serait tellement plus simple pour le lecteur ! J'ai toujours appris à faire une entrée en matière dans mes topos ; en l'occurrence, l'affiche est suffisante, encore faudrait-il la faire figurer en bonne place, et pas à la fin, façon de dire : " Ah vous m'avez lu ? Ah, oui…je vous parlais de… " ! Merci de nous l'avoir quand même tardivement/finalement précisé !
Introduction, développement, conclusion sont des principes de base autant oubliés aujourd'hui que thèse-antithèse-synthèse.
Ceci, pour l'aspect général du site, ou des chroniques.
Plus grave, maintenant :
Je sais aussi que la plupart des rédacteurs sont des bénévoles. Sans doute assez cultivés musicalement pour pouvoir en parler, mais, assurément, incultes du clavier et du traitement de texte. Car, là, c'est une pure catastrophe. Je ne parle pas des questions d'orthographe ou de syntaxe, mais seulement de la pratique de la saisie d'un texte, qu'elle soit sous Word, Adobe ou tout autre logiciel.
Quand je vois (ALTAMUSICA) qu'une chronique est tapée sous forme de tableau (!), alors qu'avec Word l'écriture se fait naturellement " au kilomètre ", je me dis que certains doivent être plutôt du genre maso… Qu'on le veuille ou non, on a affaire à un véritable fouillis, même pas corrigé par les webmasters ou autres au moment de la mise en page. De sorte que là, la recopie des chroniques devient un véritable calvaire, casse-tête au début, jusqu'à comprendre comment un texte a été mis en forme, de la façon la plus bizarre, variable avec chaque site.
Conclusion : j'ai vraiment envie de dire à chaque chroniqueur : tapez votre chronique, mais confiez la ensuite à un rédacteur qui la mettra en forme.
Encore, crois-je savoir, que c'est ce qui se pratique sur un site plus haut nommé, mais là, la rédactrice éprouve de sérieuses difficultés, non seulement de " mise en page ", mais d'orthographe.
Rédacteur, chroniqueur, c'est bien, mais il y a des stages à faire !
J'observe (hélas !) au passage qu'il n'en va guère mieux dans la presse professionnelle.
A commencer par les majuscules frappées avec un accent ! D'une part c'est contradictoire avec les règles de la dactylographie, et de l'autre, faut-il encore être assez maso pour se compliquer l'existence avec l'utilisation des touches Alt suivies d'un nombre -encore faut-il se souvenir du nombre !-. Oui, on connaît ! Sans doute faut croire que les chroniqueurs en question supposent que le lecteur ne comprendra pas le sens de leur texte s'il manque des majuscules à leur verbiage ! Autre hypothèse : peut-être ont ils envie que le lecteur leur demande comment donc ils font pour mettre un accent grave sur le A majuscule... : la question me fut posée il y a quelques années sur l'un de ces sites où j'intervenais fréquemment (pour un C majuscule avec la cédille !!! : Alt0199 pour les ignares).
C'est la mode !
Internet, c'est bien, mais ce n'est pas plus destiné aux analphabètes qu'à ceux qui ne savent pas taper un texte et le mettre en forme correctement, car ils ignorent jusqu'aux règles les plus élémentaires de la dactylographie.
Je reviendrai ultérieurement sur le sujet, pour évaluer chacun des sites que j'ai pour habitude de consulter.
08 mars 2009
Réaction à un critique
Cher Monsieur ...
Je pense que dans l'attente de ce concert, vous aviez dû placer la barre très haut. Trop haut.
Vous vous attendiez , (peut-être) à une direction Furtwängler ou Böhm. Hélas elles ne sont plus de ce temps.
Si vous me permettez, j'ai le souvenir d'un concert auquel j'avais attaché le plus grand prix, allant jusqu'à décliner un mariage proche, pour pouvoir assister à un récital Liszt par Aldo Ciccolini, dans le cadre d'un Festival ariégeois (Saint-Lizier, en je ne sais plus quelle année), mais j'en ai gardé un souvenir " cuisant " !
J'avais auparavant, qui plus est longuement écouté ses enregistrements avec la plus grande attention, avant de m'y rendre, avec des amis, fortement mélomanes, que j'y avais entraînés sans difficulté.
Savez vous ? Ils en sont tous ressortis enchantés,… sauf moi !
Certes, je fus un peu dérangé, comme l'interprète sans doute, par divers bruits de salle, qui ont gâché beaucoup de mon plaisir malgré une écoute attentive, mais qui ont dû aussi gâcher la " tranquillité " de l'interprète…
Outre toutes sortes d'explications, plus ou moins fondées, j'en suis ressorti penaud, me posant alors trente six questions sur les raisons de ma déception.
Avec des années de retard, elles se résument à ce que je viens de vous dire en tête de ces lignes.
Par contre, je " digère mal " que dans une même chronique vous rapprochiez le Vienne du Philharmonique de Bruxelles, que j'estime ne pas être du même rang. Sans vouloir vous peiner.
Bien cordialement,
Christian Viguié
01 mars 2009
JE LE CRAIGNAIS…
L'annonce de la fusion des deux magazines auxquels je suis fidèlement abonné depuis des années ne m'a certes pas réjoui, levant aussitôt dans mon esprit autant de doutes que de craintes.
Je le craignais : tout grand homme de presse qu'il soit, sauf son respect, non ! Je ne rangerai pas ce grand patron de presse dans ma " Cour des Grands Chefs " : dans l'Editorial du dernier numéro de Classica qu'il a co-rédigé avec la participation d'un directeur de rédaction d'un journal d'une sphère bien autre que musicale, il se plait à comparer sa rédaction à un " orchestre de plumes ".
Fi donc d'un chef d'orchestre de valeur, oublieux d'un grand principe qu'il convient ici d'actualiser vu nos modes de communication : " Cent fois sur le clavier, remettez votre ouvrage…". Principe certes davantage respecté par nos grands pianistes que par nos soi-disant hommes de plume.
Je le craignais : dans son courrier aux abonnés du Monde de la Musique joint à l'envoi de son dernier numéro, il annonçait que le meilleur des deux magazines y sera repris. Mais comment fusionner leurs richesses respectives, dans une nouvelle parution de volume équivalent ?
Je le craignais : comment, dans une telle fusion, qui cache bien au lecteur qu'elle n'est qu'une opération à la fois financière et marketing, comment disais-je conserver l'ensemble des rédacteurs de chacune des deux revues , sans purger de l'une ou de l'autre les meilleurs ? Apparemment sans le moindre souci de leur devenir. Il fallait bien conserver un rédacteur en chef : je ne suis pas certain que ce soit le meilleur des deux qui l'ait été ; on aura simplement maintenu en place je n'ai rien contre lui, encore qu'il ne soit pas génial, celui du journal acquéreur. Absence de souci que l'on a hélas souvent vue dans bien d'autres cas de fusions, mais désormais contagieuse à celui de la culture.
Je le craignais : Ne sommes nous pas tombés dans une ère de pure dépréciation des hommes de valeur -bousculés par des hommes de médias ? Et cette fusion ne serait-elle pas dans le même vent que celui qui souffla sur la grille de rentrée de France Musique en septembre dernier : Ou comment un chef d'orchestre (certes lui aussi, pas de premier rang) nommé à sa direction, mais prisonnier à ce poste du poids de sa médiatique direction, s'est octroyé la brutale inspiration de purger les meilleurs de ses animateurs, sous le simple (et artificiel) prétexte qu'ils étaient trop âgés. Le poids des media, -à n'en point douter, surtout lorsque l'on sait que la-dite chaîne se bat âprement contre l'audimat de sa concurrente -nulle, et qu'elle aurait mieux fait d'ignorer- n'enlève rien à ma rancoeur de la voir ainsi se dégrader de directeur en directeur, depuis plus de cinquante ans que je l'écoute. Faut-il donc que de surcroît, ce soit de la même veine dans une presse tout autant adorée ?
Je le craignais, et m'en doutais : à la lecture de ce premier numéro, je crains fort désormais que mes doutes ne soient devenus réalité : tout fout le camp. Irrémédiablement. Mort aux medias. Amen !
22 février 2009
FIN ET COMMENCEMENT
" Les débuts deviennent fin, et les fins se transforment en commencement " écrivait Benoît Duteurtre dans sa chronique de l'avant dernier numéro du Monde de la musique. L'avant dernier numéro : chronologiquement, mais aussi au sens propre, car le mensuel connaît sa propre fin : à l'heure où j'écris ces lignes, je m'apprête à saisir dans ma base de données les articles du dernier numéro. Il n'y en aura plus. Quelle va donc être la suite ? Le Monde de la Musique perd tout de son titre, et Classica-Répertoire va désormais s'abréger en Classica, tout simplement. Mais il y a tant de questions à se poser dès lors : Le nouveau mensuel sera-t'il d'un niveau égal, voire supérieur à celui des deux anciens mensuels ? Je ne puis que le souhaiter, mais la question mérite d'être posée, quand je constate aujourd'hui à quel point le niveau baisse dès qu'il s'agit de remaniement, de transformation, voire… d'amélioration !!! Inutile de croire a priori qu'il sera la somme des deux précédents : Classica n'abordait point par exemple, le domaine des matériels HI-FI. Sera-t'il maintenu ? A l'heure de la dématérialisation des supports d'écoute de la musique, on peut craindre qu'il soit définitivement abandonné.
Sur un autre plan, Le Monde de la Musique était assez lié à la chaîne Radio Classique. Alors que Classica-Répertoire, qui dépend du groupe L'Express, s'est vu rejoindre par le site Qobuz, émanation conjointe de l'Express et du célèbre distributeur Abeille Musique, lequel avait peu avant mis un terme à ses forums. Qu'au moins cette fusion des deux mensuels permette au nouveau Classica d'avoir une totale indépendance, et de s'affranchir définitivement de nos deux chaînes de radio musicale : ce serait là au moins un bon point de gagné ! Plus généralement, il est permis de se poser la question du devenir de leurs rédacteurs chroniqueurs : Certains, rares, écrivent dans les deux. Mais… seront-ils tous maintenus dans leurs attributions ? Ne risque-t'on pas au contraire d'en voir bon nombre, voire les meilleurs, éliminés ? Ce serait fortement regrettable. Surtout si ce remaniement se base sur les même principes que celui que l'on a vu chez France Musique à la dernière rentrée : un bon nombre de ses meilleurs animateurs a été " remercié" en raison de leur âge, et l'on sait assez ce que cela a donné par la suite…
Le 20ème siècle a persécuté les juifs et les homos, le 21ème siècle sera-t-il être celui d'une solution finale anti vieux !!! J'ose espérer ici que le service privé ne rejoindra pas l'exemple du service public.
Tant d'autres questions se posent encore, dont je ne vais pas faire le détail : je m'ouvre ici directement de mes craintes, quand je vois aujourd'hui comment les media, publics ou privés, ont bien plus cure de l'importance de leur lectorat que de leur véritable qualité.
20 février 2009
J'ENRAGE !
En lisant ce matin un canard bien de chez nous évoquant ce que nos banquiers font de notre fortune,
ce n'est pas de la publicité télévisée d'une banque française, qui donne à voir son personnel chantant avec sa clientèle sur leurs futures pertes monétaires dont je veux parler, mais d'une toute autre affaire qui est restée beaucoup plus discrète, et que la grande presse nous dévoile.
Le dit canard révèle où a tristement échoué après son départ de Londres pour revenir à Vienne, le piano d'étude d'Alfred Brendel : cliquez donc sur l'image du texte que j'ai scanné (tout en prenant soin de gommer le nom du malfrat et de la banque qui lui a permis cette fantaisie).
J'enrage. Non que j'en veuille à Alfred Brendel -comment pourrais-je ?- car je suppose que repartant à Vienne il a sans doute dû, dans les deux sens du mot, confier la revente de certains de ses instruments à quelque marchand de piano londonien peu scrupuleux, pressé qu'il était par son calendrier de concerts d'adieux.
Oui, j'enrage ! Surtout contre ce marchand, car dès lors qu'un pareil instrument est délaissé par son propriétaire, il devient pratiquement une pièce de musée. Le dit commerçant aurait quand même pu envisager de le céder à une des nombreuses écoles londoniennes de piano. Evidemment il aura préféré faire une bonne affaire ! On ne sait s'il a demandé à l'acheteur de lui faire un chèque de banque, et l'on ne connaît pas davantage le montant de la transaction. Majorée du coût du transport et de l'assurance, on imagine la somme consacrée par notre banquier… Une paille, oui !
Voilà comment la mégalomanie banquière française fait les affaires d'un commerçant londonien peu scrupuleux, et comment nos financiers dilapident leurs bonus.
16 février 2009
AUDIT D'UN CONCERT :
Un groupe de spécialistes de l'organisation du travail a récemment assisté à un concert symphonique.
Réunis le lendemain au service d'Audit interne, ils rédigèrent aussitôt le rapport suivant :
" Pendant de longues périodes les quatre joueurs de hautbois n'avaient rien à faire. Leur nombre doit être réduit et le travail mieux réparti sur la durée du concert, de manière à éliminer les pointes d'activité.
Les douze premiers violons jouaient à l'unisson, c'est à dire des notes identiques. Le personnel de cette section doit subir des réductions massives ; une grande intensité sonore est requise, on peut l'obtenir à l'aide d'amplificateurs électroniques appropriés. Le coefficient d'utilisation du triangle est relativement faible. On a intérêt à utiliser plus largement cet instrument, et même à en prévoir plusieurs, son prix étant bas, l'investissement correspondant serait très rentable.
Le remplacement du piano à queue par un piano moins encombrant permettrait d'utiliser plus rationnellement l'aire de stockage du magasin de rangement des instruments.
Il est recommandé de normaliser la durée de toutes les notes en la ramenant à la double croche la plus rapprochée : de la sorte, on pourra dans une plus large mesure faire appel à des exécutants de qualification moins élevée, ce qui permettra de payer moins cher le personnel exécutant.
Il est tout à fait inutile de faire répéter aux instruments à vent des passages déjà exécutés par ceux à cordes. On peut estimer que si tous les passages redondants étaient supprimés, la durée du concert pourrait être ramenée à 20 minutes, ce qui réduirait les frais généraux ( économie de chauffage, surveillance, usure des fauteuils, etc. ).
NOTA : toute ressemblance avec les méthodes employées par la D.G. vis à vis de son personnel et des usagers, n'est pas forcément une coïncidence. "
08 février 2009
LANG LANG : DES PROGRES, ENCORE INSUFFISANTS !
Arte, dimanche soir : festival Mendelssohn. La star ? Quelle question ! Lang-Lang, voyons donc. Je ne sais qui est son impresario, mais il en a trouvé un bon. Qui le propulse partout où il faut être. Un pianiste doué autant d'une excellente virtuosité, que d'un excellent marketing. Sans compter qu'il assure aussi celui des autres : baskets Adidas, stylo (bien accroché à sa poche), et montre (bien visible à son poignet), le tout de marque Montblanc. Il ferait mieux d'arborer une Rolex. Certes, il n'a pas encore 50 ans, mais devrait avoir le souci d'affirmer sa réussite sans les attendre !
Bref, j'ai quand même pris la peine de le regarder.
Il y a des progrès, assurément, mais il en a encore autant, sinon plus à faire : certes il ne se couche plus ni ne se cabre plus sur son piano comme on a pu le voir il y a quelques années à New-York,. (mais les américains doivent aimer ce côté démonstrateur). Mais encore beaucoup trop de singeries-minauderies, jusqu'à une recherche d'attitude (gestique de sa main par moment libre, gauche ou droite, qui se voudrait " gouldienne ". On peut en rire, si cela n'était ridicule. Quant à l'interprétation du Concerto n° 1 de Mendelssohn, franchement flon-flon, pompier, sans poésie. On est loin de Serkin, loin, très loin.
Le problème ? Sans doute son impresario, qui lui fournit hélas toutes les occasions de se montrer. Il devrait le remplacer par un moine, qui lui montrerait le chemin de la réflexion et de la modestie, et le confesserait de son orgueil, avec une lourde pénitence. Oui, assurément, trop orgueilleux ce chinois, confiais-je à mon épouse. Qui a eu pour simple réponse : " déjà qu'ils le sont tous… " Au travail, Monsieur Lang, au travail ! Contorsionnez vous moins, et essayez donc un peu, quand vous êtes au piano, de vous faire oublier. Ca vous pose un tel problème ?
07 février 2009
QUESTION DE TENUE
Il y a trois ans, un article sous la signature de Marie-Aude Roux, chronitrice musicale du Monde, m'avait interpellé.
Titre : " Les musiciens de l'Orchestre de Paris abandonnent le frac ". Je le reproduis intégralement ci-dessous :
" En tombant le frac, les musiciens de l'Orchestre de Paris vont probablement provoquer une petite révolution dans le monde très conservateur de la musique classique. La chose n'a d'ailleurs pas été facile à négocier au sein même de l'orchestre. "Beaucoup ne comprenaient pas la nécessité de cette mutation, constate Stéphane Rolland, le jeune directeur artistique de la maison de haute couture Jean-Louis Scherrer, chargé de relooker l'orchestre. Mais le monde bouge, et il n'y a guère qu'en Angleterre où porter un frac a encore un sens. La dernière fois que j'en ai mis un à Paris, on m'a pris pour un garçon de café !"
Mettre la musique en phase avec son public est précisément ce qui a porté le frac dans l'orchestre au XIXe siècle : dans la fosse et dans la salle, on est en miroir. Réversibilité des temps : le frac, emblème d'une classe sociale dominante, est à l'origine le signe d'une volonté démocratique et égalitaire, dont l'origine remonte au milieu du XVIIIe siècle anglais. Antithèse du grand habit de cour à la française, ce costume sombre ouvert sur le devant et terminé dans le dos par deux longues basques, dont la largeur, ou l'étroitesse, indique la queue de morue ou la queue de pie, marque l'avènement d'une bourgeoisie qui écoute désormais la musique dans les salles de concert. En France, tandis que l'on guillotine les perruques, le frac est un enjeu des Etats généraux de 1789. Philippe Egalité l'endossera en gris.
CONSENSUEL SANS NEUTRALITÉ :
Reste que, sur le plan pratique, le frac avait des avantages, notamment en ce qui concerne l'aisance des mouvements. "Mon premier impératif, explique Stéphane Rolland, a été de repérer tous les paramètres physiologiques exigés par le jeu d'un instrument. Le second, de dessiner un uniforme consensuel sans tomber dans la neutralité. Le troisième, d'expliquer tout cela aux musiciens. J'avais gardé de ma précédente expérience avec la RATP et la SNCF le souvenir d'une menace de grève ferroviaire à cause d'un bouton doré !"
L'adieu au frac sera sans doute vécu comme le déni - voire une castration - d'un rituel social que la musique classique avait préservé, et que seuls les musiciens de la musique contemporaine et les "baroqueux" avaient osé braver. Mais il devrait aussi, si l'on en croit l'acousticien Tateo Nakajima, l'un des rénovateurs de la Salle Pleyel, pour qui oeil et oreille sont indissociables, inaugurer une nouvelle ère de la musique symphonique (Le Monde du 12 septembre).
"Je pense que l'habit est un début de scénographie et que les musiciens sont aussi des acteurs, affirme Stéphane Rolland, créateur en 2005 des costumes de l'Amadeus de Peter Shaffer au Théâtre de Paris. Comme la musique, le vêtement doit donner une émotion." Les musiciens portent donc une redingote noire doublée de rouge aux lignes très graphiques, un pantalon droit et une simple chemise de popeline blanche ceinturés de satin noir, ainsi qu'une fine cravate cavalière noire. De quoi donner envie au public de défroquer le jean. "
Marie-Aude Roux
Article paru dans l'édition du 15.09.06
Mais quoi, comment ?
Oui, je suis choqué ! Car abandonner sinon le frac, du moins un habit de cérémonie en public, pour un musicien, correspond, pour moi, à un manque de respect à l'égard du compositeur qu'il interprète.
Et c'est aussi un manque de respect pour l'auditeur venu l'écouter.
Certes, le public des salles de concert, aujourd'hui, n'a plus l'habitude de s'habiller pour aller au concert.
Mais il y a là un effet réciproque : musiciens versus public et public versus musiciens, tout à fait déplorable dans la mesure où non seulement plus aucune tradition n'est respectée, mais où il n'y a plus aucun respect des uns vis à vis des autres. Encore moins vis à vis du compositeur.
Pour moi, le concert, (a fortiori le Festival) est une fête, un hommage. L'usage n'est-il pas, encore de nos jours de s'habiller pour un fête ? : il ne s'agit pas de s'y rendre en smoking ou en queue de pie certes, mais de là à s'y rendre dans une tenue tout à fait négligée… cela me paraît autant un manque de respect vis à vis des interprètes qui eux, ont fait l'effort de s'habiller, qu'un manque de gratitude vis à vis du compositeur qu'il est venu écouter.
Dans de telles conditions, auxquelles on s'habitue depuis déjà pas mal d'années, majorées si je puis dire par la pratique des festivals d'été, comment peut-on imaginer que les musiciens d'orchestre finissent par réagir autrement ? (soit dit en passant, s'agissant des festivals en été, la question ici, ne se pose pas, ou plus : la chaleur ambiante permettant autant aux musiciens qu'au public de moins s'habiller, cela va de soi)
Qui sait, donc, si l'attitude du public qui, c'est sûr, s'habille de moins en moins pour aller au concert, n'aura pas eu, finalement une influence sur les membre de l'Orchestre de Paris ?
Pour autant, je constatais encore tout récemment (ce dimanche 1er février) en regardant sur Arte la Folle Journée, qu'un pianiste comme Andrei Korobeinkov se présentait au public en queue de pie.
N'y a t'il pas là tout de même un peu plus de tenue autant que de respect, tant vis à vis du public venu l'écouter que du compositeur dont il sert l'œuvre ?
Non ! La révolution des musiciens de l'O.P. n'est sans doute pas bienvenue, et ne servira guère à mettre en phase le public avec la musique.
02 février 2009
CRITIQUES ET CHRONIQUES : LES MEILLEURES SONT LES PLUS RARES !
Ce titre là a bien un double sens.
Le premier : il me paraît évident qu'entre toutes les chroniques de concert qui sont ici ou là publiées, celles qui consacrent véritablement un artiste, une formation et/ou son chef, sont rarissimes.
Mais ce n'est pas aujourd'hui le but de cette chronique.
Le second, donc : Les meilleurs critiques que j'ai notées dans ma base de données sont effectivement les plus rares : c'est un simple constat arithmétique. Je viens en effet de les recenser, parmi les sites que je fréquente fidèlement depuis maintenant sept années.
A l'heure où je rédige, j'en compte très exactement 6437 provenant de 136 sources d'informations, toutes recensées dans ma base.
Je n'en ferai pas le détail, dont la lecture serait trop fastidieuse. Encore dois-je préciser que l'abondance de ces sources est éminemment variable, sans compter les "Divers" qui proviennent d'origines pas nécessairement consacrées à la musique, mais qui peuvent parfois en parler de façon intéressante.
Commençons donc le constat par le bas de l'échelle, cela nous permettra de remonter à la surface en même temps que de niveau !
Degré zéro : celles qui sont vides de sens, et j'ai du mal à concevoir qu'elles aient été publiées. J'en vois mal l'utilité. Alors me dira-t'on pourquoi les avoir saisies ? Simplement parce qu'il peut arriver qu'il n'y en ait qu'une sur le concert donné, et que je préfère en avoir une trace que l'ignorer.
Au degré supérieur, (il y en a beaucoup, la majorité), que je trouve vraiment trop brèves. J'écarterai définitivement le problème de la presse écrite : récemment le critique musical d'un titre national me confiait qu'on lui donnait 4000 signes pour un article (d'un sujet qui pourrait être digne d'un forum à lui tout seul) à rédiger ! Quant on connaît les règles de la typographie, cela ne permet pas vraiment une critique en bonne et due forme. Comme il me le confiait, cela relève de l'acrobatie. Par contre, sur le Net, ce n'est pas la place qui manque, et il est assez navrant d'y voir des chroniques d'une demi page ! Comment peuvent elles réellement donner une image du concert ? Autant valait ne pas en parler !
Sans parler des chroniques publiées par la presse musicale (mensuelle) spécialisée : Là, il s'agit soit de remplissage de papier, soit d'une volonté d'affirmer au lectorat que leurs chroniqueurs ont bien assisté aux concerts les plus significatifs du mois (photo rarement significative à l'appui !), mais dans la plupart des cas, là encore, péniblement trois-quarts de page. Insuffisant , peu convaincant.
Progressons ! Seuls quelques sites restent sérieux. : qui savent d'abord présenter l'affiche du concert ; lieu, date, programme, interprètes. Ceux-là généralement donnent davantage matière à lire. Mais là, problème : l'apparition d'Internet a suscité la création d'une multitude de sites, qui ne peuvent pas toujours appel à des critiques patentés, mais, souvent, à des bénévoles, des amateurs avertis certes, auxquels je ferai le reproche d'être subitement atteints d'une véritable logorrhée chronique qui les conduit hélas à des textes souvent insipides, tout simplement parce qu'ils écrivent sur Internet ! Là, on n'est pas très éloigné du vertige que donne à beaucoup, le fait de participer à un Forum…
Sans parler des sites (ils sont nombreux) sur lesquels la date de la chronique est tout simplement celle du concert ! A se demander si le chroniqueur a rédigé son texte avant, pendant, ou après le concert avant de tomber dans les bras de Morphée… Cruel manque de souci du détail à l'égard du lecteur !
Terminons !Restent enfin, à un degré supérieur quelques sites ayant des chroniqueurs de talent, qui en deux ou trois pages sont à même de donner au lecteur une appréciable estime du concert.
Mon propos n'est pas d'en faire ici la publicité, chacun saura les trouver facilement sur le web. Pour autant, ils ne sont pas nécessairement à l'abri de mes reproches : certaines chroniques sont très certainement intéressantes et sans doute justifiées, mais il faudrait que leur lecteur sache lire autant la musique que ces textes, et , surtout, qu'il en possède les partitions ! Nulle question de mettre en doute ici leur bien-fondé, mais il faudrait pouvoir doubler la chronique d'un enregistrement " pour preuve " !
Certes c'est argumenté, mais, chez certains critiques, le commentaire en reste trop au stade la pure technique, et le lecteur reste à jeun de toute sensation de plaisir/déplaisir qu'il aurait pu y prendre.
Finalement ?
Je regrette l'époque de certains grands chroniqueurs dont j'ai déjà parlé ici même, mais qui avaient l'art de communiquer au lecteur leur ressenti, en des termes simples, touchant parfois à la " poésie de l'émotion ". Il est loin, ce temps là, et malgré toute la formation musicologique que certains ont sans doute dû recevoir, je reste encore loin du compte.



